La presse reste interdite

Strasbourg, 12/11/2018. Mouvement anti-GCO. Un des grévistes de la faim a fait une chute et se plaint de fortes douleurs au dos. 22 jours de grève ont fragilisé les corps.

Nous sommes le 12 novembre à Strasbourg, place Broglie, à proximité de l’Hôtel du Préfet. Nous (un certain nombre de journalistes et de photographes) avons été conviés la veille pour assister à une action des grévistes de la faim qui demandent un moratoire sur le GCO.

L’action consiste pour les grévistes à se dévêtir et à se poster en sous-vêtements devant le cordon de police qui barre l’accès à l’Hôtel du Préfet. Chacun a écrit sur son ventre le nombre des kg qu’il a perdus depuis le début de la grève de la faim. Ils en sont au 22ème jour.

Cette action est une réponse aux propos cyniques du sous-préfet selon lequel les grévistes feraient semblant…

Pourtant, un des grévistes n’était pas sur la photo. Il ne se sentait pas très bien. Et il a fait un malaise et une chute lui causant une vive douleur dorsale.

Ce n’est pas un banal fait divers. Nous connaissons cet homme pour l’avoir rencontré à de nombreuses reprises car nous suivons régulièrement les actions anti-GCO. Ce n’est pas un banal fait divers car cet homme a poussé son corps trop loin pour se faire entendre par des autorités qui le raillent en public.

Et nous en restons sidérés, interdits. En effet, le groupe au second plan est un groupe de collègues journalistes et photographes en companie du directeur d’Alsace Nature. Cette photo raconte cette sidération. Cette photo raconte comment les événements couverts ont un impact sur les personnes qui les couvrent… aussi.