Histoires de confinement #5

Strasbourg, 11 mars 2020.

En découvrant ces moulages en plâtre de statues antiques, j’ai ressenti une fascination étrange.

Ainsi confinées, ces têtes avaient quelque chose de familier, d’intime, de vivant et de morbide.

Ainsi confinés, ces êtres apparaissaient dans leur fragilité la plus crue. Puissants héros de l’histoire, témoins de tant d’épidémies et de révoltes (certains moulages portent encore des slogans inscrits en 68…), et pourtant si frêles, le regard vide, presque une supplique au coin des lèvres.

Répliques de répliques de légendes… finalement nous ne serons, dans le meilleur des cas, que des bustes de plâtre sous vide, trop vulnérables, et tellement beaux…

Je ne savais pas alors que les trésors confinés ici m’annonçaient, à quelques heures près, notre propre situation à tou.te.s…