Histoires de confinement #7

1. Seul devant la cathédrale, ce violoncelliste me procure une impression étrange. Un mélange fascinant d’inquiétude angoissée et d’émerveillement presque mystique.

D’un côté, la ville déserte est d’autant plus perceptible que le musicien paraît petit et vulnérable devant le monument. Cette scène dégage une solitude profonde. Une absurdité infinie aussi. La musique sans auditeurs, perdue dans l’immensité fantomatique des vestiges de notre patrimoine commun vidé de sa substance.

De l’autre côté, aussi vaines et insignifiantes soient-elles, ces quelques notes perdues dans l’immensité du vide ont quelque chose de sublime et de réconfortant. Rien ne peut annihiler la force créatrice. La cathédrale en témoigne autant que la mélodie offerte au vent et au soleil. La culture est une mystique de l’humanité. Immensément fragile, pourtant inaliénable.

2. La mère et la fille se comportent de manière étrange : elles ont l’attitude de touristes ordinaires. Elles se comportent comme si la crise sanitaire et le confinement n’existaient pas… cela paraît étrange et réconfortant à la fois.

La liberté et l’insouciance sont d’une immense banalité.

Et d’une incommensurable importance.