Marie, un brin de folie ?

Elle n’en a pas vraiment l’air, et pourtant… de menu elle n’a que l’apparence. Entre la vie de famille, son engagement quasi quotidien dans le bistrot de son mari Yoann, la gestion des Gîtes de la Limonaderie à Neudorf, la gestion de son entreprise de tapisserie et la course à pieds de haut niveau, on peut dire que l’énergie de Marie Abitbol est impressionnante. Découverte d’un parcours pour le moins atypique.

Des arts plastiques à la tapisserie

Marie Froehlicher est titulaire d’un master d’arts plastiques. Son domaine : la sculpture sur bois. A ce titre, elle a tronçonné, scié, poncé, cisaillé, percé, assemblé… et c’est toujours elle qui tient la perceuse aujourd’hui. Son thème de recherches : Transformation et métamorphose des formes dans l’espace. Elle s’inspire des rhyzomes, des formes de paul Klée, des mécanismes de Leonardo da Vinci…

Elle a ensuite enseigné pendant quelques années à Saverne et à Munster et animé des ateliers d’arts plastiques pour la DRAC. Mais, me confie-t-elle, « les arts plastiques ne sont pas considérés par les institutions, ni par les élèves. C’est une aberration… » Et puis la reprise, avec son mari Yoann, du restaurant Poêle de Carottes et bientôt l’ouverture de Bistrot et Chocolat, le temps manque et une activité moins contraignante en termes d’organisation devient nécessaire.

Heureusement, « à force de chiner et de chercher à retaper, j’ai découvert que j’aimais ça ! » C’est pour cette raison qu’elle se forme en tapisserie artisanale et développe son activité de rénovation de meubles. Alliant modernité et respect des traditions, minutie et efficacité, son activité lui permet de valoriser ses savoirs-faire et sa créativité en toute indépendance. (Attention : la qualité de son travail lui vaut un carnet de commandes bien rempli et vous imposera d’être patients si vous souhaitez lui confier votre mobilier.)

Marie, dans son atelier, répare un fauteuil avant de passer à la tapisserie

Exemple de travaux réalisés

 

La qualité comme ligne, l’ouverture comme but

Lorsque Marie refait un meuble, elle vise la qualité et porte un grand soin au choix des tissus, refait tout dans les règles de l’art. Il en va de même dans le restaurant de Yoann auquel elle consacre 3 à 4 jours par semaine. « Que du frais livré tous les jours. Bien manger, consommer local, bio de préférence… C’est le projet de Yoann, mais les valeurs sont les mêmes. »

« Notre but c’est l’ouverture au monde : découvrir d’autres modes de vie, d’autres cultures. On travaille [vraiment beaucoup !] pour voyager et faire découvrir à nos enfants la richesse du monde et des civilisations. Leur faire prendre la mesure de leur chance aussi. »

Au restaurant Bistrot et Chocolat, où elle travaille 3-4 jours par semaine

« Quand je rentre de voyage, j’ai de nouveaux projets… »

Tiens donc !?

Marie m’explique : « j’ai une liste de choses à faire dans le téléphone. Et de temps en temps, un matin, je me dis : Allez ! Ce n’est pas parce que j’ai trop de temps, au contraire, mais j’aime bien me fixer de nouveaux objectifs. »

Et en matière d’objectifs, Marie sait de quoi elle parle. Elle a en effet découvert la course à pied au collège et n’a cessé, depuis lors, de briller dans ce domaine aussi. Elle a été finaliste France du 10km l’année de son baccalauréat. « J’étais à fond dans la performance. Ça m’a aidé à avoir mon bac. Pour moi, la course est une source d’équilibre, une soupape. »

Ce qu’elle aime, c’est la course sur route, car elle est très diversifiée. Et puis comme « le Marathon est aussi un prétexte à voyager », elle court la planète à la recherche de nouveaux défis : entre autres New-York, Prague, le trail du Mont Blanc et même, cet hiver, le Finland Trophy avec sa sœur Eva ! Au printemps, elle est l’une des 7 femmes à courir le challenge, cumul des 3 Courses de Strasbourg.

Lors du semi-marathon de Strasbourg, Place du Château, sous le Mammouth de l’Industrie Magnifique

Et c’est pas fini !

« Je continue à 40 ans par fierté, parce que mes proches sont fiers. Et puis je suis bien plus en forme quand je suis en préparation. Meilleur mental, meilleur physique. Je me sens bien en courant. C’est la liberté, l’aboutissement d’une préparation. J’ai le temps de réfléchir… je reviens souvent d’une course avec de nouvelles idées. »

En effet, elle ne s’arrête jamais et vise déjà le marathon des sables (dans le désert africain). Un brin de folie, certes, mais qui force à l’admiration !